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L'an dernier, dans un moment d'égarement, j'avais dit oui pour participer à un we de ski de 3 jours avec le CE de mon job.
J'ai toujours aimé skier, oui, c'est fun, un vrai bon kiff qui vide la tête et détend !...
J'avais emmené ma fille, c'était chouette aussi de s'offrir une petite parenthèse avec elle.
J'avais trouvé cette expédition sympa, mais aussi épuisante : l'organisation à caler avant, les bagages à préparer et des affaires de ski à récupérer à gauche à droite, le départ vite après le boulot le jeudi, le voyage à plusieurs voitures et les incidents qui vont avec (ceux qui ont frôlé la panne sèche, ceux qui se sont perdus, qu'on a radio-guidés, attendus,...), la nuit en formule 1 ou première classe où nous avions fini par atterrir vers minuit, le départ à l'aube le vendredi pour rejoindre la station, l'hébergement en centre UCPA,...

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Et là, je m'interromps pour ouvrir une grosse parenthèse.
Lecteur/lectrice, connais-tu l'UCPA ?
Je m'étais révoltée quand j'avais appris que passés 40 ans, on ne peut s'inscrire dans un centre UCPA, sauf avec un CE, c'était mon cas. La chance (pour vivre cette expérience mémorable) ! J'avais été quand même proche d'attenter une action auprès de la cour de Justice européenne. Pour discrimination.

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Puis sur place, j'avais compris : même la limite de 40 ans m'avait semblée optimiste. Allez 30 ans, c'était même presque même trop âgé, non ? Parce que ça, rien que ça, le centre UCPA, m'avait tuée : la déco seventies dans son jus, des couloirs à n'en plus finir, des marches à monter et descendre en veux-tu en voilà, la chambre (enfin, "chambre", c'est un bien grand mot) à partager à 4 (et oui, même les filles ronflent et en plus se lèvent la nuit pour aller aux toilettes, à des horaires différents, bien sûr, sans compter que les voisins entrent et sortent -bruyamment- de leurs chambres à toute heure de la nuit) avec juste la place de circuler à une seule personne (pardon, oui, attends, je m'assieds sur le lit que tu puisses passer), les lits superposés au confort spartiate (surtout quand tu as skié toute la journée, tu es fourbu(e)), sans oublier le local toilettes et douches (où il est difficile de se laver sans mouiller ses affaires qu'on a pourtant pris le soin de ratatiner au plus loin de l'eau) au bout d'un autre couloir, sans compte que j'ai eu à chaque fois un mal fou à me retrouver avec mon sens de l'orientation légendaire (j'ai fait donc des (kilo)mètres inutiles). Je te passe les repas à la cantoche (finalement, ça ressemble pas mal à celle du boulot) et la boom du vendredi soir dont tu entends résonner la musique jusqu'à pas d'heure quand tu cherches le sommeil dans ta chambrette, quand bien même tu es épuisé(e)...

Qui étaient nos co-locataires ? Au moins 150 gamins de 10 ans à tout casser, qui braillaient dans la cantine (on ne pouvait déjeuner qu'après eux), dévalaient les couloirs et emplissaient les différents espaces, mais ils étaient partis le vendredi soir. Sinon, des bandes de copains ultra sportifs -jeunes- qui se rentraient tard (et bruyamment) se coucher, et se levaient tôt pour attaquer les pistes dès l'ouverture.
Moi, je m'étais juste sentie centenaire ou extra-terrestre (mais centenaire aussi) dans cet environnement.

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Alors, oui, je m'étais bien amusée aussi, j'avais retrouvé les joies du ski, j'avais apprécié les ballades avec ma fille, même (nan, j'plaisante, c'était vraiment sympa) avec mes collègues, la bonne ambiance, mais je m'étais bien juré que plus jamais, ô grand jamais, on ne m'y reprendrait dans ces conditions. Un appart tout confort a minima, un hôtel 5* (avec spa et jacuzzi), ou le Club Med me semblaient désormais les seules alternatives acceptables pour un séjour à la montagne.

Et puis, à la rentrée de septembre, mes colllègues ont reparlé du ski.
Oui, bien sûr, c'était très cool, mais non, sans moi les djeuns. Oui, oui, je me suis éclatée l'an dernier, oui mais non.

Et on m'a dit "alleeeeez, il faut qu'on soit 12 pour que ça puisse se faire, c'était sympa !"... J'ai fini par céder, je serais "la 12e pour que ça se fasse".

L'échéance se rapprochant trop vite début janvier, je me suis vraiment demandé pourquoi j'avais eu cette faiblesse, j'étais fatiguée, c'était toujours compliqué de laisser les filles, préparer les bagages, etc, mais oui ok, le changement d'air me ferait du bien. C'est vrai que l'an dernier avait été cool.

Je te passe les détails du début qui sont les mêmes à peu près, sauf que nous avons pris une demi-journée de plus pour partir dès le jeudi en début d'après-midi. Nous sommes arrivés juste à temps pour dîner dans l'un des derniers restaus ouverts à Chambéry, retardés par un détour, un incendie ayant été déclenché dans un tunnel par des malfrats protégeant leur fuite après un casse (!!!). L'hôtel était plutôt mieux et tout le monde avait des boules quiès.

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Vendredi, réveil au petit matin pour rejoindre Valloire pas trop tard, mais il a fallu mettre les chaînes, aller en acheter de nouvelles pour une voiture qui avait été mal renseignée sur la taille adéquate, une chaîne de "ma" voiture a cassé... bref, nous sommes arrivés seulement vers 11h.

Le Centre UCPA nous a semblé très bien, plus grand et plus "ergonomique".

Nous nous sommes enregistrés, puis avons récupéré nos skis. Un groupe d'enfants déjeunaient, nous avions pile le temps de rejoindre nos collègues qui avaient pu arriver plus tôt, d'attaquer une première piste, verte d'un côté, bleue de l'autre, facile, avant de déjeuner à notre tour. J'ai hésité, mais si viens !, et c'était une bonne idée pour tester les chaussures et les réglages des skis.

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On a pris le télésiège, "Moulin Benjamin"... et j'ai commencé ma première descente.

J'ai eu juste le temps de me dire, que oui, le ski, c'est un vrai bon kiff, ça valait le coup !... avant que l'un de mes skis ne rencontre une zone de poudreuse, pas l'autre, que je manque de reprendre mon équilibre, et puis bon ben non... la chute ! Un petit craquement dans le genou, les skis qui ne déchaussent pas, la même jambe qui fait un salto toute seule... et pof le bain de la poudreuse... la douleur qui m'immobilise la jambe... les collègues qui s'inquiètent... ça va, oui, oui, ça va passer... j'attends que ça passe. La douleur a passé, mais je n'ai pas pu me remettre debout... voilà, voilà... je me suis dit m*rd*sse et que ce devait être une entorse...

Mes aventures font bien rigoler ma fille, alors au moins pour elle, je raconterai la suite !

 

* mais je crois qu'entre elle et moi, c'est fini.